13 janvier 2007
Sadisme
Le vague souvenir de son visage d'ange attardé, raté, flou. Des boucles brunes mal réparties, comme une maladie. Et des yeux clairs, tendres, légèrement implorants, à travers lesquels on voit son coeur grand ouvert.
Quand on jouait avec lui, je devenait cruel. J'aimais l'exciter comme un jeune animal, le voir courir dans tous les sens, hors d'haleine, le bousculer, "chat!", le faire tomber sur le ciment granuleux de cour de récréation qui écorchait les mains, me moquer de la morve qu'il ne pouvait empêcher de couler de son nez.
Et lui, l'innocent, le pur, l'enfant, il participait avec ardeur, grisé d'être au centre de nos égards pervers.
Une chute trop brutale qui le faisait pleurer mettait fin à notre jeux.
Ce petit garçon humilié, je voudrais le serrer dans mes bras et pleurer avec lui ces moments asséchés, glissants, glacés, où la bienveillance se vidait de moi.
Je te demande pardon.
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